Stéphanie Bourgeois, alias Za.nu, travaille en tant que poète, graphiste et artisan de puis 8 ans. L'écriture de poésie a toujours été le point de départ et la toile de fond de son travail graphique, où elle mêle ses photographies et ses peintures.

je suis admiratrice de son travail depuis le début, je vous invite à découvrir son univers poétique et graphique sur www.zanu.fr

Le Réveil lui empreinte deux poèmes qui, pour la pièce ont été mis en musique et sont dansés.

"Face à l'autre"

qui traduit parfaitement la colère et la tristesse que l’on éprouve lorsqu’on regarde l’état du monde,

 

Y’a des jours c’est comme ça

J’ai pas envie d’sortir,

De voir l’autre qui m’regarde Et qui m’dit: «t’inquiètes pas».

J’ai beau dire que j’comprends, Au fond de moi ça m’dépasse,

C’que j’ressens tout en d’dans

A un goût dégueulasse.

J’essaie d’ouvrir les yeux

Et ça fait mal partout,

Vois-tu c’que j’vois du monde

Y’parait qu’c'est normal.

Ça m’donne envie d’pleurer

Quand tu m’dis qu’t'as compris

Qu’la seule chose qu’on puisse faire

C’est de rester en vie.

Et puis les yeux fermés

Tu te tournes vers moi :

« Comment ça va la vie ?»

Je réponds « bien et toi ?».

 

 

 et "Passage"

qui résume à lui seul toute la pièce: la naïveté, les fausses croyances, la réalisation, la chute, la transformation, la re-naissance.

 

D’abord, on croit en une ligne,

Droite,

Une vie carrée,

bien ordonnée,

Douce sécurité.

Confiant,

On marche, on court,

On croit à cet horizon,

Clair et dégagé.

On fonce tête baissée,

Les yeux grands fermés,

Neuf et frais.

Pas trois pas,

On trébuche déjà,

Arrêté en pleine course,

On dégringole, on vole

En éclats et de haut.

La vue s’embrume

Et dans l’instant

Le point de fuite n’a plus rien

De cet horizon de perfection.

Le doute s’étire sur la vérité,

Rien n’est si parfait, ni droit,

Tout est bancal

Tout fait de courbes, de détours et de contours.

De passages en passages

Elle devient alors évidence

La nécessité du temps

D’ouvrir les yeux de nouveau.

Au milieu du chaos

Persiste la certitude d’être la vie.

On se relève alors,

Jusqu’à la prochaine fois,

Jusqu’au prochain mirage,

Au prochain passage.